Dans le Journal de Paris on trouve du 8 avril au 25 décembre 1818, une annonce invitant le public à venir découvrir un kaléidoscope géant présenté au Tivoli de la Chaussée d’Antin :
« Tivoli, Chaussée d’Antin. Aujourd’hui, pour la clôture, grande fête extraordinaire, courses en chars, vélocipèdes, les grotesques aériens, tours d’adresse, le kaléidoscope géant, concert ascension, feu d’artifice, etc. »

Le Tivoli est l’un des tout premiers grands parcs d’attractions de paris. Il a occupé plusieurs emplacements entre le XVIII siècle et 1842, mais c’est celui situé près de la Chaussée d’Antin, de la rue Saint-Lazare et de la rue de Clichy qui est resté le plus célèbre.


À l’origine il s’agit d’un jardin privé fréquenté par la haute société parisienne. Le domaine est créé vers 1766 par Simon-Charles Boutin. Inspiré des célèbres jardins italiens de Tivoli, Il fait aménager un vaste parc avec : des fabriques et pavillons de fantaisie, des grottes artificielles, des fausses ruines et des Jardins paysagers à l’anglaise.

Au début du XIX siècle Tivoli devient un immense lieu de divertissement populaire. On y trouve notamment des montagnes russes, parmi les premières de France, des balançoires géantes, des jeux d’adresse, des concerts, des bals en plein air, des cafés et des restaurants, ainsi que des spectacles de magie et d’illusions.

A cette époque, la Chaussée d’Antin est l’un des quartiers les plus en vogue de Paris, couvert d’hôtels particuliers et de jardins. Le Tivoli contribue largement à sa renommée comme lieu de promenade et de loisirs pour la bourgeoisie et de l’aristocratie.

L’urbanisation rapide de Paris entraine sa fermeture progressive. Le parc change plusieurs fois d’emplacement avant de disparaitre définitivement en 1842, lors du percement de nouvelles rues et de l’aménagement du futur quartier de l’Europe, près de la gare Saint-Lazare.
Malgré mes recherches, je n’ai pas encore retrouvé d’illustration ni d’autre texte décrivant ce kaléidoscope géant. En l’état actuel des sources, son apparence et son fonctionnement demeurent donc inconnus. Toutefois, il est possible d’imaginer qu’il ait ressemblé au kaléidoscope géant représenté sur l’illustration ci-dessous, sans que cette comparaison puisse être considérée comme une preuve historique.

Tout comme Tivoli, les jardins du Palais-Royal étaient entourés de boutiques, de cafés et d’attractions. C’était aussi un des lieux de promenade favoris des Parisiens, et un endroit idéal pour exposer des nouveautés. Sur cette gravure, on voit un marchand de kaléidoscopes vendre des petits modèles qui tiennent dans la main. Il en possède un plus grand modèle pour faire des démonstrations. Il est fixé horizontalement à une table démontable composée d’une planche et de deux tréteaux, il peut donc être déplacé d’un endroit à un autre. L’appareil lui sert aussi à gagner de l’argent car il faut payer en général 5 centimes pour pouvoir jeter un coup d’œil. Il y a une bougie à l’extrémité du tube pour pouvoir observer les effets du kaléidoscope même dans le noir. Un homme plus âgé avec un tricorne regarde dans un kaléidoscope tandis qu’un jeune dandy, tenant à la main son chapeau haut-de-forme à la mode, embrasse derrière son dos la compagne de l’homme. Une autre femme montre le kaléidoscope du doigt, sans remarquer la scène. Un autre homme a jeté son tricorne par terre pour regarder dans le kaléidoscope géant tandis qu’un homme lui fait les poches. Les chapeaux sont des signes distinctifs qui permettent de différencier les gens à la mode ou au contraire, démodés. En plus du dandy, le vendeur et son jeune assistant portent aussi de hauts chapeaux en vogue.
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